Tombouctou : pleurons nos morts dans l’indifférence des autorités maliennes

PAYS : Mali
DATE DE PUBLICATION : jeudi 17 août 2017
CATEGORIE : Blog
THEME : Opinions

Les dates du 13 et 14 août sont dramatiques pour le Burkina Faso et le Mali qui ont fait l’objet d’attaques terroristes, avec 18 morts dans chaque pays …

Si la solidarité s’est faite autour de l’attentat de Ouagadougou avec des directs de certaines chaines internationales très suivies en Afrique (France24) toute la nuit que l’intervention des forces armées burkinabè ont mis à démanteler le réseau des terroristes qui ont fait un véritable massacre au café Istanbul de Ouagadougou, il en a rien été pour les attentats qui ont eu lieu au Mali.

Cela a débuté par l’attaque du camp des Nations Unies à Douentza dès 5h30 mn qui a fait son lot de victimes. 2 morts (un militaire malien et un casque bleu (africanité) sont annoncés par la Minusma. Mais aucune réaction. Même pas un de ces communiqués de presse blasé dont les autorités maliennes ont le secret. Même pas un misérable tweet, comme le ministre de la coopération en a envoyé vers minuit.
Pour l’attentat de Tombouctou, c’était des expressions laconiques pour certains hommes des médias maliens » pas de sieste aujourd’hui à Tombouctou » parce que l’assaut contre le quartier général a débuté à l’heure du repas de la journée pour continuer toute la journée.

L’AFP ayant oublié de faire une dépêche, les sites maliens sont restés figés, seuls les prétendus « drogués » et autres pages d’information qu’ils gèrent sur les réseaux sociaux. Les drogués et le rédacteur en chef du courrier du Maghreb, Pierre Piccinin Da Prata , qui avait atterrit à Tombouctou comme par hasard ce lundi et qui nous gratifia d’un article titré » Victoire djihadistes sur l’ONU » . Un anti-conformiste qui pourtant n’y va pas de main morte dans la spéculation et les déclarations nées de sa fertile imagination. Je ne vais pas perdre mon temps à réfléchir et à répondre aux propos d’un belge qui me voit comme une indigène, d’ailleurs les indigènes lui disent d’aller voir en Syrie, si nous y sommes.

Les combats entre les forces armées maliennes et la Minusma contre les assaillants ont duré plusieurs heures.

Les agents de « SECURICOM » une agence de gardiennage qui se trouvent à l’entrée du QG de la MINUSMA qui a été attaqué ont été quasiment massacrés d’abord. Ils ne sont ni entrainés au combat, ni armés, encore moins protégés (par de gilet pare- balles). Seul un casque bleu monte la garde au haut d’un minaret, le canon vers la route principale de Tombouctou qui va jusqu’au port de Koriomé. Ils ne semblent pas savoir qu’ils ne sont que de la chair à canon pour les précieuses vies des agents de toutes les nationalités qui travaillent dans ces lieux. Ils ne semblent penser qu’à l’emploi qu’ils obtiennent. Sinon personne n’accepterait de garder des hommes armés en étant soi-même désarmé !!!

Ensuite d’autres sont morts. Un autre civil travaillant pour la Minusma, un gendarme malien et plusieurs assaillants. Une quinzaine de morts, si nous ne comptons pas les terroristes, mais pas de quoi faire la une du journal télévisé du jour sur la télévision partisane. Pas un mot de compassion venant du président de la république malienne qui a enfourché « sa pirogue de fer » pour présenter des condoléances, la main sur le cœur, au peuple et au président du Burkina Faso.

Ce conflit qui se passe au Mali est bien asymétrique pour beaucoup de raison. Sa couverture médiatique est une des raisons. Que de crimes dont les populations de Tombouctou sont victimes qui sont passés au silence…

Des spécialistes auto-déclarés parce qu’ils foulent le sol de la cité des 333 saints une fois ou deux ou les opportunités de parler qui ne sont pas offertes aux habitants de cette partie du Mali.

Article initialement publié sur le blog de Fatouma Harber
Mail : fatoumaharbert@gmail.com

« Dans le malheur nous avons lutté ensemble, dans la liberté nous triomphons ensemble. A présent, libre de mes mouvements, je reprends du service. Et par là même, je m’affirme en la légitimité nationale. La transition est ainsi de retour et reprend à la minute même l’exercice du pouvoir d’Etat. L’a-t-elle d’ailleurs jamais perdu ? Non, vu la clameur nationale contre les usurpateurs, vu la réprobation internationale contre l’imposture, c’est l’aveu même que le gouvernement de transition que vous avez librement choisi, et en qui vous avez totalement mis votre confiance, est resté le seul à incarner la volonté du peuple souverain. »

Michel Kafando, Président de la Transition, le 23 septembre 2015.

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