Mohamed Cheikh : condamné à mort au nom de son opinion !

PAYS : Autres Pays
DATE DE PUBLICATION : jeudi 15 janvier 2015
CATEGORIE : Articles
THEME : Médias
AUTEUR : Redaction

Il a été condamné à la peine de mort pour avoir attiré l’attention de l’opinion sur certaines conditions de vie de ses compatriotes. Mohamed Cheikh, puisse que c’est de lui qu’il s’agit est au couloir de la mort depuis le 24 décembre 2014 pour l’apostasie. L’apostasie désigne le fait de renoncer publiquement à sa religion. En effet, dans un texte qu’il a écrit et relayé sur internet, il explique que l’iniquité qui frappait les couches marginales au premier siècle de l’islam, au temps du prophète est d’actualité de nos jours en Mauritanie à l’égard de certaines castes comme celle des forgerons. Dès lors, sa tête est mise à prix. Il est traqué et condamné. Sa tête n’attend plus que la potence dans les jours à venir.

Mauvais cadeau de nouvel an pour Mohamed Cheikh ! C’est seulement le deuxième jour du nouvel an, précisément le 2 janvier 2015 qu’il a été condamné à mort. Il purge pour le moment, en attendant qu’il soit purement et simplement pendu, sa peine en prison. On s’apprête à tuer un être humain parce qu’il a dénoncé certaines pratiques désuètes qui traversent le temps. Si la société est évolutive alors il en est de même pour ses pratiques. La Mauritanie est un Etat démocratique, ce qui suppose la liberté d’expression, le respect des droits humains. Au nom de ces principes, a-t-on le doit d’abréger la vie d’un individu ? C’est dans les débats contradictoires que sortent les idées construites. Une société sans liberté d’expression est une société étouffée. Mais à l’ère de la mondialisation, est-il encore possible d’évoluer en autarcie ?
Si personne ne peut donner le souffle de vie, nul n’a le droit d’ôter la vie humaine. C’est un principe aussi divin qu’on doit religieusement respecter. Le coran dont ces mollahs défendent corps et âme est un livre saint qui prône la paix, le pardon, la tolérance et bien d’autres valeurs à la fois divines et humaines.

Que dit la loi sur l’apostasie ?

« Tout musulman coupable de crime d’apostasie, soit par la parole, soit par action de façon apparente ou évidente, sera invité à se repentir dans un délai de trois jours ».

Aucune définition claire et précise ne se dégage de ce qui précède. C’est ambigu. Ce qui suppose une condamnation à tort. D’ailleurs les associations de défense des droits de l’homme décrient une justice à géomètre variable. Dans un Etat démocratique, les citoyens, sans exception ont droit à une justice équitable. De la manière dont les discours à caractères partisans sont prononcés, on devine aisément que c’est une machination orchestrée. La Mauritanie est certes une République Islamique mais c’est à ne pas confondre avec un Etat dictatorial où c’est seul l’Etat qui détient tous les pouvoirs y compris le droit de vie ou de mort sur les individus. Cela dit, le discours du président Mohamed Ould Abdel Aziz n’est pas a apaisé la situation de Mohamed Cheikh.

Malgré tout, Mohamed Cheikh s’est repenti conforment aux dispositions de la loi mais rien n’y fait. L’islam au nom duquel la République défend bec et ongle n’est-il pas un islam de pardon ? Et si tel est le cas pourquoi refuse-t-on de pardonner ?

Abandonné par tous !

Craignant les représailles de la population, la famille de Mohamed le rejette et pire l’a banni. Sa belle-famille a poussé sa femme a quitté le domicile conjugal rendant ainsi le mariage caduc en raison de crime contre l’apostasie. Au service il est la risée de ses collègues. Il est injurié et traité de tous les noms d’oiseaux. Son employeur le renvoie sans préavis. Les avocats sensés le défendre ont tous désistés sous les menaces des islamistes.

Pour l’heure, les yeux sont tournés vers la communauté internationale, les droits de l’homme, les ONG pour la défense des droits de l’homme pour faire la pression sur les autorités mauritaniennes afin de sauver la vie de Mohamed Cheikh.

Le salut de Mohamed Cheikh ne viendra pas du président Mohamed Ould Abdel Aziz

Dans son adresse à la nation, le président de la République Islamique de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, sur la question Mohamed Cheikh, martelait en ces termes : « Chers citoyens, chers musulmans, je vous remercie de tout cœur pour votre présence massive en ce lieu pour condamner le crime commis par un individu contre l’islam, la religion de notre peuple, de notre pays, la République Islamique de Mauritanie. (...) L’État s’acquittera de son devoir dans cette affaire comme vous vous êtes acquittés du votre. Toutes les mesures appropriées seront prises dans ce sens ». Quels peuvent bien être le devoir et les mesures appropriées qu’ Ould Abdel Aziz compte prendre dans cette affaire si ce n’est que poursuivre ses sinistres intentions à l’endroit de Mohamed Cheikh dans l’optique tout simplement de lui faire taire à jamais sur la discrimination, l’esclavage ... en Mauritanie ?

A l’heure ou très meurtris, nous déposons ces lignes, Mohamed Cheikh est toujours dans le couloir de la mort et n’attend que le soutien de toutes les âmes éprises de paix, de justice pour sa libération et que vive la liberté d’expression.

Signer la pétition pour demander la libération de Mohamed Cheikh condamné à mort en Mauritanie en cliquant sur ce lien [->http://talsou.wesign.it/fr

Masbé NDENGAR

« Dans le malheur nous avons lutté ensemble, dans la liberté nous triomphons ensemble. A présent, libre de mes mouvements, je reprends du service. Et par là même, je m’affirme en la légitimité nationale. La transition est ainsi de retour et reprend à la minute même l’exercice du pouvoir d’Etat. L’a-t-elle d’ailleurs jamais perdu ? Non, vu la clameur nationale contre les usurpateurs, vu la réprobation internationale contre l’imposture, c’est l’aveu même que le gouvernement de transition que vous avez librement choisi, et en qui vous avez totalement mis votre confiance, est resté le seul à incarner la volonté du peuple souverain. »

Michel Kafando, Président de la Transition, le 23 septembre 2015.

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