Les écoles du Sahel dans le viseur des djihadistes

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : lundi 13 mars 2017
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Education
AUTEUR : Seidou Samba Touré

C’est avec la peur au ventre que Mamounata est venue fermer l’école du village près de Gorom Gorom où elle enseigne depuis plusieurs années. Comme elle, des centaines d’enseignants ont décidé de fermer les classes et fuir la zone du Sahel. Après l’assassinat de leur collègue Salif Badini par des djihadistes, personne ne veut risquer sa vie.

Le Sahel se retrouve ainsi sans écoles et les parents d’élèves se demandent comment assurer l’enseignement de leurs enfants. Quelques braves enseignants comme Amadou Badoum ont décidé de continuer à enseigner les enfants mais chez eux dans le cadre familial.

Droit Libre TV a traversé la zone du Sahel pour rencontrer et entendre les cris de coeur des acteurs du système éducatif, parents d’élèves et enseignants et vous livre ce reportage exclusif.

Un reportage de Seidou Samba Touré.

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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