Le virus Ebola n’est pas une fatalité

PAYS : Côte d’Ivoire
DATE DE PUBLICATION : vendredi 15 août 2014
CATEGORIE : Articles
THEME : Santé
AUTEUR : Redaction

Ces derniers mois, le virus Ebola, sévit dans quelques pays d’Afrique de l’Ouest. Maladie infectieuse très grave et initialement causée par certains animaux dont la chauve-souris, il est devenu un problème de santé publique due à sa forte contagion entre humains. La Guinée, la Sierra Leone, le Libéria et le Nigéria sont les pays touchés et chacun essaye tant bien que mal d’offrir de meilleurs soins aux malades et protéger les personnes qui ne le sont pas. Les pays voisins à ceux touchés et même d’autres lointains prennent déjà des mesures pour parer à toute éventualité. Des mesures sincères visant à éviter de nouvelles infections et éradiquer ce fléau ont certes été adoptées mais l’Ebola n’est pas une fatalité. Il se guérit et son avancée sera sans doute contrôlée dans les prochains mois. D’autres épidémies ont traversé l’Afrique et le reste du monde de par le passé, mais ont été domptées par la science.

Quelques épidémies graves contrôlées

L’expérience nous démontre que seul l’inconnu demeure une énigme. Au moyen âge, la peste noire extermina 25 à 50 % de la population européenne. Comme le virus Ebola, les animaux en étaient la cause. Les rats et autres proches des rongeurs comme le lapin et le lièvre étaient les principaux vecteurs. Les carnivores infectés pouvaient également transmettre le mal à l’homme suite à une morsure. Aujourd’hui, même si le bacille a fait sa réapparition dans certains pays, le mal est moindre et nous n’entendons presque plus parler de la peste.
La grippe aviaire sous sa forme H5N1 a été détectée il y a quelques années sur plusieurs continent dont l’Afrique. En 2005, elle connut une forte médiatisation. De nombreux pays ont pris des mesures radicales qui ont conduit à l’abatage de milliers de volailles. Tout comme le virus Ebola actuellement, on a assisté à toutes sortes de polémique sur les modes de transmission et les mesures préventives. D’autres épidémies ont traversé l’Afrique et le monde, certaines ont fait des victimes plus que d’autres, l’essentiel est de savoir s’y prendre à temps afin de circonscrire l’ampleur du danger avant certainement l’éradication complète. Des pays non affectés dont la Côte d’Ivoire ont déjà déployé tout un arsenal de mesures préventives.

La Côte d’Ivoire et ses mesures de protection contre l’ Ebola

L’Etat ivoirien a pris de fortes mesures visant à éviter l’entrée de la fièvre Ebola sur son territoire. Bien qu’aucun cas n’ait été détecté, le pays reste sur le qui-vive. Au nombre des mesures figure l’interdiction de la vente et de la consommation de la viande de brousse, la fermeture des frontières avec les pays affectés comme la Guinée et le Libéria, l’intensification des contrôles au niveau des aéroports etc. D’autres mesures visent directement les populations comme celles les exhortant à ne plus se serrer la main en se saluant. Les compétitions internationales devant se tenir sur le territoire ivoirien sont également suspendues jusqu’à nouvel ordre. Au niveau du personnel soignant, ils sont préparés à s’attendre au pire. Autant de mesures pour parer à toute éventualité face à la propagation rapide de la fièvre Ebola. Les pays contaminés sont en train d’être isolés sur le plan régional voir international et chaque pays se protège à sa manière. L’Afrique de l’Ouest à travers l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) de même que l’Union Africaine (UA) doivent s’impliquer d’avantage afin que ces pays contaminés ne se sentent jamais seuls et que des mesures fortes soient prises ensemble pour venir à bout de ce fléau. La solidarité et l’optimisme doivent donc être de mise.

Contre le virus Ebola, l’espoir demeure

La fièvre Ebola se soigne et se guérit. Il y a des cas qui le prouvent. Les centres d’isolement de malades ne sont pas des carrefours de la mort. C’est d’abord des lieux de soins ou chacun espère recevoir les meilleurs traitements possibles. C’est aussi et surtout des lieux d’espoir pour ces personnes affectées qui espèrent y sortir un jour guéries. Effectivement, des patients y sortent bel et bien vivants. Hawa Idrisa, en Sierra Leone, incarne cet espoir. Admise dans un centre de traitement de Médecins Sans Frontières (MSF) à Kailahun, elle y sortit bien guérie après quatre semaines d’isolement. Un certificat de guérison lui est transmis en guise de preuve. Quand la maladie est dépistée assez tôt et soignée, il y a des chances donc d’échapper à la mort. C’est ce que Hawa Idrisa et d’autres rescapés ont compris en décidant d’être des ambassadeurs dans leurs localités respectives dans le but d’inciter les populations à déclarer les cas d’infection. Aussi, ils les encouragent à faire confiance aux personnels soignant en rejoignant les centres. En Guinée tout comme au Libéria, pays les plus touchés, des cas similaires existent.
Pour l’heure, toutes manifestations de maladie aux symptômes similaires à ceux du virus Ebola, c’est-à-dire diarrhées, vomissements, éruption cutanée, hémorragies de certaines parties du corps comme le nez, la bouche etc. doivent être prise très au sérieux et signalées. Les mesures préventives ainsi que celles relatives à l’hygiène doivent être intensifiées afin qu’aucun pays ne soit encore contaminé et l’épidémie maitrisée dans les pays déjà concernés.

« Il faut arrêter de faire du répressif, du sécuritaire ou même de la gesticulation et de la diabolisation du phénomène migratoire. Ce n’est ni un phénomène pervers, ni un phénomène criminel. Considérons- le et traitons- le comme un phénomène naturel qu’il faut accompagner, modaliser et positiver ».

Louis Michel

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