La France doit accueillir toute la misère du monde

PAYS : Autres Pays
DATE DE PUBLICATION : lundi 15 juin 2015
CATEGORIE : Blog
THEME : Opinions

L’immigration vers l’Europe et précisément en France a été toujours sujet à polémique. De Sarkozy à Philippe Legrand et bien avant eux, beaucoup de Français ont été hostiles à l’immigration des Noirs, Arabes... en France. Fatou Diome, écrivaine Sénégalaise, s’est vue fustiger et attaquer verbalement par Philippe Legrand suite à son plaidoyer qu’elle a fait en faveur des immigrés. Les voix se lèvent pour rappeler ce dernier à l’ordre. Philippe Legrand serait-il un petit esprit ?

Le militant de riposte Laïque a beau s’appeler Legrand, sa petitesse le tient au collet comme un étau ; et pour l’illustrer, ses récents propos en réplique au plaidoyer humaniste de Fatou Diome : « Nos immigrés produisent de nombreux enfants à grands coups d’aides sociales … Mes chats sont plus respectueux envers celui qui leur donne à manger et qui les caresse que cette écrivaine qui peine à vendre ses bouquins, malgré la pub que lui fait notre service public audio-visuel ».

La volubile femme de lettres’ sénégalaise, Fatou Diome, dans une flamboyante répartie, avait tétanisé vendredi 24 avril dernier, le plateau de France 2, en dénonçant l’hypocrisie déshumanisante de l’Europe qui semble vouloir se la jouer en son ‘paradis’, puis refoule et reflue vers les entrailles infernales des vagues, des braves gens qui avaient défié les eaux, les barbelés et la mort, pour respirer un petit coin de paradis terrestre, respirer ce qu’ils perçoivent comme tel.

Philippe Legrand est un petit esprit, et en s’en prenant à Fatou Diome, en la peignant avec dédain comme une misérable négresse venue d’un lointain village sénégalais, repoussée par sa belle-famille française en raison de la vilaine couleur de sa peau, et obligée avec un diplôme de troisième cycle en poche, de faire la plonge à des yovos (blancs) analphabètes pour survivre, il expose la fébrilité mentale des pauvres cons qui prennent comme compliment l’épiderme privée de mélanine qui leur sert d’enveloppe.

Et il n’est en cela que la dernière génération de cons sur le pedigree de ceux qui l’ont précédé, au sein de tous les courants de pensée politique d’Occident, comme déjà l’ancien Premier Ministre français de gauche, Michel Rocard, qui se gaussa jadis : « L’Europe ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Comme les frontistes, récemment épaulés par un fils d’émigré nommé Sarkozy qui vocifèrent : « La France, on l’aime, ou on la quitte », en stigmatisant l’étranger arabe, musulman et noir en particulier, comme une vermine qui infecte la France.

Et c’est à tous ceux-là que Dame Fatou répond, au nom de tous les humiliés, noirs ou arabes, musulmans ou juifs, avec le cœur d’une citoyenne du monde : « Vous ne resterez pas comme des poissons rouges dans la forteresse européenne. L’Europe ne sera plus jamais épargnée. Alors trouvons une solution collective ou bien déménagez d’Europe, parce que j’ai l’intention de rester ».

La France n’appartient pas, l’Europe n’appartient pas seulement à ceux qui les peuplent aujourd’hui.

Je souris quand j’entends la France souverainiste, raciste, antisémite et xénophobe des Le Pen, de Sarkozy, et de ce sieur Legrand, qui se revendiquent d’un héritage chrétien, brandissent l’icône de Jeanne d’Arc, en oubliant que le christianisme, c’est d’abord la charité ; en oubliant surtout l’histoire et le peuplement historique de la France, constitué non seulement des Romains, des Grecs, des Celtes, des Francs, mais aussi des Vandales, des Wisigoths, des Vikings, des Magyars, des Burgondes, des Huns, des Slaves, des Turcs, des Mongols, des Juifs et des Arabes.

Et quand Monsieur Legrand, qui se dit Français passionné d’histoire, rétorque à Fatou Diome : « Elle nous demande simplement de quitter le sol dans lequel reposent nos ancêtres, et en particulier, ceux qui ont donné leur vie pour que ce sol appartienne à leurs enfants libres, pour qu’on lui laisse la place, les clefs de la maison, celles de la voiture, le code de la carte bleue … », je m’amuse de la faiblesse de son niveau de langue, en français, de son incapacité à saisir le sens des formules au-delà du premier degré ; mais plus encore, la pauvreté de sa culture en histoire me sidère, parce qu’il n’a visiblement jamais appris que c’est l’homoïde nomade parti d’Afrique qui a inventé le feu, la chasse, les langues (le Français y compris), l’agriculture, l’élevage, l’habit, les outils, les rites, l’art, la peinture, la sculpture, la musique, le calcul, la roue, l’écriture, la loi, le marché, la céramique, la métallurgie, l’équitation, le gouvernail, la démocratie, et même Dieu.

Et que ce sont encore, ses descendants restés en Afrique qui ont été appelés à la rescousse, pour délivrer, des dizaines de millénaires plus tard, la France des griffes de l’ogre nazi, par le sang des Nègres envoyés comme chair à canons, en éclaireurs-ambassadeurs pour l’au-delà ; victimes expiatoires pour ce qu’on leur fit appeler « la mère patrie ».

Alors de quelle vie donnée pour la liberté et pour le sol français parle Monsieur Legrand ?

On ne peut rien comprendre à l’histoire, sans réhabiliter les peuples et les civilisations qui ont tant contribué à construire les langues, le droit, la culture et les croyances de la France. Mais la vie est pleine de contradictions.

Quand le père de Nicolas Sarkozy fuyait l’enfer hongrois pour la France des libertés en 1947, regagnant un pays libéré par les Noirs méchamment baptisés Tirailleurs Sénégalais, savait-il qu’il rejoignait un pays libéré par les Noirs d’Afrique ?
Pouvait-il imaginer que son fils deviendrait président de France et refuserait l’entrée en France aux Noirs, descendant des Libérateurs de la France ?

Comment ne pas s’émouvoir de l’injure que Sarkozy fait à sa mère, juive sépharade chassée d’Espagne pour la Salonique, avant de gagner la France, quand en tant que Ministre de l’Intérieur il traquait les étrangers et inventa le concept d’immigration choisie pour tenter, selon la formule de Dame Fatou, distinguer entre " les étrangers utiles et les étrangers néfastes" ?

Où se trouvait le choix de la France quand Monsieur et Madame Sarkozy, parents de Nicolas, s’y étaient vus accueillis, dans un pays libéré par les Noirs ?
« Mme Fatou, vous n’aurez jamais un fauteuil à l’Académie française, simplement parce que vous n’aimez pas la France…..Retournez au Sénégal », poursuivit Monsieur Legrand.

Les Nègres et les Bougnoules emmerdent l’Académie Française. Voilà la vérité.
Mais la France doit accueillir toute la misère du monde. Parce que ce sont les misérables homoïdes venus d’Afrique qui l’ont engendrée, et plus tard l’ont libérée.

Et devant l’histoire, ils sont plus dignes d’habiter l’Europe que les hommes du funeste amiral portugais Pedro Alvares Cabral qui avaient exterminé par les armes, les maladies et les mauvais traitements, les Amérindiens du Brésil pour devoir ensuite acheter des Nègres, au service des plantations de canne-à-sucre, avec l’assistance des prêtres blancs qui leur servaient de directeurs de conscience.

Devant l’histoire, les enfants du Malien Lassana Bathily, musulman, qui a risqué sa vie le 15 janvier 2015, pour sauver la vie à des Juifs dans un hypermarché de casher à Paris,sont plus citoyens d’Europe que Monsieur Legrand qui ronchonne de haine, et exige un blocus maritime, le refoulement et l’expulsion de ceux qui viennent d’Afrique réclamer leur part d’héritage à l’Europe.

Les Nègres et les Bougnoules sont aussi des humains. Mieux, ils sont les aînés de la race humaine. Et comme tous les humains nés pour conquérir un mieux-être, leurs cœurs battent 100.000 fois par jour. Ils ont aussi 50.000 milliards de cellules vivantes dans leur organisme dont 200 milliards de neurones.Ils ont aussi 639 muscles et cinq (05) litres de sang dans le corps.Cinq (05) litres de sang, ce n’est pas 05 litres d’huile rouge, ce n’est pas 05 litres d’huile à moteur. C’est 05 litres de sang.

Ils sont les enfants du Soldat Inconnu qui repose sous l’Arc de Triomphe.
Ils sont des Misérables que la France et l’Europe sont obligées d’accueillir.

INFRAROUGE, UNE CHRONIQUE DE CONSTANTIN AMOUSSOU
POUR DROIT LIBRE TV

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

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