Game of Thrônes, à qui l’héritage ?

PAYS : Guinée
DATE DE PUBLICATION : jeudi 19 octobre 2017
CATEGORIE : Blog

La notion d’héritage n’est pas la même pour tout le monde. Certains souhaitent créer des souvenirs mémorables que leurs proches chériront un jour, comme un voyage inoubliable. D’autres veulent laisser de l’argent, des bijoux, des maisons, des terres ou d’autres objets de famille à des êtres chers.

Cependant, la transmission d’héritage parental représente toujours une épreuve familiale. Car, derrière les combats fratricides, les partages interminables, les comptages mesquins et parfois les malversations en douce d’héritiers indélicats, il s’agit surtout de la reconnaissance personnelle que chacun souhaite recevoir de ses parents. Un désir souvent teinté d’angoisse, ancré en soi dès la toute petite enfance et qui est réactivé par la mort des parents.

Dans nos mœurs, aborder le sujet d’héritage chez les parents, même à un âge avancé, serait synonyme de vouloir « précipiter leur mort ». Tandis que ces héritages constituent en général l´objet de la convoitise.

C’est un peu comme du « Game of trônes » où des membres de plusieurs familles nobles, entrent dans une guerre civile pour conquérir le Trône de Fer du Royaume des Sept Couronnes. Mais dans cette série, pour atteindre le trône, et surtout y rester, être un chef de guerre ne suffit pas.

C’est marrant parce que la série, à mon avis, montre souvent l’échec des guerriers, comme Khal Drogo, Ned Stark, Renly Baratheon …

Contrairement à celle de chez moi, dans cette épreuve familiale, ces combats fratricides et ces malversations en douce d’héritiers indélicats, ceux qui s’en sortent sont ceux qui font appel aux forces magico-maléfiques.
La raison de ces déchirures entre famille s’explique bien d’une manière diverse et variée.

De leur vivant, certains parents nourrissent l´espoir mais aussi l´illusion que leur successeur continuera à gérer la famille comme eux (les parents). Administrateur des biens, le successeur devra éduquer et élever ses jeunes frères/sœurs et les aider à trouver leur chemin dans la vie. Une mission chargée de bonnes intentions, mais qui en l´absence du fondateur de la famille, peine à se concrétiser.

Les familles monogamiques ne sont pas épargnées des litiges liés à l´héritage. Et celles polygames, les problèmes peuvent se multiplier par le nombre de femmes. En cas de controverses autour de la succession, les veuves se livrent des batailles, généralement par le biais de leurs enfants. Les oncles, les tantes et même les amis du défunt jouent leur partition, les uns pour apaiser les tensions et chercher une sortie de la crise, les autres pour envenimer le problème. Le recours par le moins périlleux aux forces magico-maléfiques n´est pas exclu.

Vu le niveau de guéguerre dans certaines familles, les problèmes se terminent parfois par des procédures judiciaires qui constituent pour certaines familles une entrave à la tradition. Généralement le procès se termine de la manière suivante : « le tribunal vous a reconnu comme étant l’ayant droit des biens laissés par votre parent, certes vous avez gagné le procès ce jour, cependant, vous devez vous apprêter pour le combat nocturne. »

Combat nocturne ? Faudra alors se préparer afin de déguster ce cocktail magico-maléfiques, représentatif de la face sombre de nos coutumes telle que le fantasme notre société africaine.

Article initialement publié sur le blog de Sayon Idovic Loua

« Un Africain authentique est celui-là qui sait ce que ses ancêtres faisaient avant. Si vous ne connaissez pas votre passé, vous n’êtes pas un Africain. Si vous ne savez pas ce que faisaient vos ancêtres vous n’êtes pas un Africain. Si vous interroger les africains, 90% d’entre eux ne savent pas que leurs ancêtres ont été les premiers à avoir créé une religion donc ils suivent ce qu’on leur dit, ils appliquent ce qu’on leur dit et rejettent leur propre origine. On ne peut s’en sortir quand on rejette sa propre origine. On ne peut pas se réaliser dans la peau d’autrui. Un Africain ne sera jamais un Français, ne sera jamais un Arabe…il faut qu’il soit lui-même : c’est ça être un Africain authentique. Être soit même, savoir ce que les ancêtres faisaient et essayer de suivre la route. Si on fait cela, vous verrez qu’en moins d’un quart de siècle on s’en sortira. Notre jeunesse sera une jeunesse forte à l’égal des jeunesses d’autres pays du monde »,

Doumbi Fakoly sur Droit Libre TV en Janvier 2017.

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