Encadrer les talibés, c’est agir contre la radicalisation

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : mercredi 5 avril 2017
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Société
AUTEUR : Seidou Samba Touré

Le phénomène des enfants talibés, communément appelés "garibous" prend de plus en plus de l’ampleur dans la capitale burkinabè. Après quelques heures d’enseignement coranique, ces enfants desambulent les rues à la recherche de nourriture et d’argent. Malheureusement ces enfants constituent une proie privilégiée pour certaines personnes mal intentionnées. Ainsi, les talibés laissés à eux-mêmes risquent de basculer dans les mouvements radicaux. Pour leur assurer un meilleur avenir et éviter qu’ils tombent dans l’extrémisme violent, une association dénommée Gournaam-Survie encadre et alphabétise les enfants talibés de Ouagadougou.

Un reportage de Seidou Samba Touré

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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