Droits humains : L’application des décisions des juridictions internationales est en crise !

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : jeudi 20 juillet 2017
CATEGORIE : Articles
THEME : Justice

Human Right Law Implementation Projet (HRLIP) a animé un atelier sur la mise en œuvre des décisions des instances internationales en matière des droits de l’homme. Au cours dudit atelier qui s’est tenu le 20 juillet 2017 à Ouagadougou , il a été prévu des activités dont le but est le renforcement des capacités des acteurs et la pratique des droits de l’homme au Burkina Faso, notamment en ce qui concerne les mécanismes de leur mise en œuvre. Les panélistes qui sont entre autres les universitaires et les experts en matière des droits humains œuvrent à déceler les facteurs qui entravent la mise en œuvre des décisions des instances internationales en matière des droits de l’homme.


Les États signent et ratifient les conventions internationales mais leur mise en application pose souvent d’énormes problèmes. « La crise de la mise en œuvre des décisions des instances internationales est réelle », a constaté le chercheur Augustin Somé. Plusieurs facteurs entravent l’exécution des décisions prises par les instances internationales au niveau national. Ce sont ces facteurs que Human Right Law Implementation Projet(HRLIP) cherche à déceler à travers un atelier qui s’est tenu dans la capitale burkinabè ce 20 juillet 2017. Selon Lamoussa Sawadogo, Consultant Pays, cet atelier s’est fixé pour objectif « d’examiner la mise en œuvre du droit international des droits de l’homme en général et en particulier la mise en œuvre des décisions issues des organes internationaux des droits de l’homme ».

D’après Lamoussa Sawadogo, cet atelier est un projet qui vise à « motiver et à accompagner les autorités du Burkina Faso dans la mise en œuvre des décisions ». Mais il sera aussi question, selon le Consultant Pays, d’aider à renforcer la compréhension par les acteurs gouvernementaux du HRLIP et leur rôle potentiel. Même si l’État s’est exécuté en ce qui concerne les dossiers Lohé Konaté et Norbert Zongo, il n’en demeure pas moins que le dossier Thomas Sankara reste toujours intact sur la table de la justice burkinabè.

Concernant la détention de Djibrill Bassolet à propos de laquelle le groupe de travail de l’ONU s’est prononcée, Bénéwendé Camille Tapsoba, représentant du ministre en charge des droits humains, dit s’en tenir à la déclaration de ses supérieurs hiérarchiques. Il souligne également que l’État dispose de soixante jours pour se prononcer sur le sujet. Le ministère de la justice, des droits humains et la promotion civique se réjouit de cette initiative. « Un droit humain, aussi fondamental soit-il dépourvu d’un mécanisme de garanti sera vidé de son essence parce qu’il sera soumis à toutes sortes de violation », a déclaré le représentant du ministre.

Même si le Burkina Faso a été félicité, selon Bénéwendé Camille Tapsoba, par la Cour Africaine pour ses efforts au respect des droits humains, il reconnait que « le pays est conscient des défis liés à l’exécution des décisions des mécanismes internationaux en matière de droits de l’homme et s’évertue à leur mise en œuvre ». Ce projet qui couvre trois pays se veut le respect de la mise en œuvre des décisions des instances supranationales.

Masbé NDENGAR

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

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