Des soldats sénégalais à la Mecque en échange de pétrodollars

PAYS : Sénégal
DATE DE PUBLICATION : vendredi 8 mai 2015
CATEGORIE : Articles
THEME : Politique
AUTEUR : Redaction

Le Sénégal a décidé d’envoyer ses soldats en Arabie Saoudite pour protéger les lieux saints de l’islam, c’est en substance le message qu’a livré le ministre Sénégalais des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur aux députés à Dakar. C’est au total 2100 soldats du pays de la Terranga dont l’Arabie Saoudite a besoin pour protéger la Mecque et la Médine, qui d’après les autorités Saoudiennes seraient dans les rétroviseurs des terroristes. De la RADDHO en passant par les partis politiques, les organisations de la société ou des citoyens lambda, des voix s’élèvent pour protester. Macky Sall est désormais seul contre tous.

Les 2100 contingents sénégalais partirons ou ne partirons pas en Arabie Saoudite, pour le moment le débat se poursuit et tous sont suspendus aux lèvres de Macky Sall pour connaitre la suite. La Mecque et la Médine, lieux Saints de l’islam seraient dans les visés des terroristes, c’est la raison principale qu’a avancé le gouvernement Sénégalais pour l’envoie des soldats en terre saoudienne. Selon le ministre Sénégalais des affaires étrangères et des sénégalais de l’extérieur, Monkeur Ndiaye, promouvoir la paix et la sécurité internationale serait un impératif pour le Sénégalais. Au nom donc de cette noble mission, son pays ne saurait rester neutre. Pour une noble mission, c’en est une mais pourquoi cette décision est jugée inopportune et impopulaire par l’ensemble des sénégalais ? Macky s’entête-t-il à envoyer les jambars (soldats Sénégalais en wolof) en sol étranger redouté par tous les payés à cause de son hostilité ?

En effet, l’Arabie Saoudite s’est engagé dans la guerre au Yémen par des frappes aériennes. C’est une guerre inter-religieuse entre les chiites de Yémen-Iran contre les Sunnites d’Arabie Saoudite. Cette guerre concerne donc en premier l’Arabie Saoudite, que cherche donc le Sénégalais ? Ce pays se voie menacer par les Houthis (rebelles Yéménites), n’a pas d’autres alternatives que d’appeler à la rescousse. L’argument avancé : la protection de la Médine et de la Mecque. L’Arabie Saoudite est l’un des pays où son armée au sol est jugée mal formée et déserteur en cas de rudes combats. Ainsi, appelé, subtilement fut-il à l’aide ‘’internationale’’ en cas d’attaque terrestre est justifié. La preuve, dans cette guerre du Yémen, l’Arabie Saoudite et sa coalition interviennent que par des frappes aériennes : aucun soldat n’est engagé sur le sol.

Non à la diplomatie financière

Le souvenir triste de la perte de 90 soldats Sénégalais au Koweït en 1990, 25 ans après reste toujours vivace dans la mémoire collective des Sénégalais. Le Pakistan aurait refusé l’offre financière de l’Arabie Saoudite pour impliquer ses soldats sur le terrain des combats au sol. Pour les Sénégalais, Macky Sall aurait des agendas cachés. Selon eux, même s’il y a une menace de guerre civile en Arabie Saoudite, cela ne concerne nullement leur pays. « En quoi la guerre du Golf nous concerne ? », s’interrogent les citoyens. Les Sénégalais ne sont pas passer par quatre chemins pour faire savoir à Macky qu’il envoie les militaires en échanges des pétrodollars. Ainsi ils déplorent une diplomatie qu’ils appellent « une diplomatie financière ».

Le Sénégal ne connait pas la loi de la proximité

C’est connu de tous que le Sénégal est co-fondateur avec l’Arabie Saoudite de l’organisation de la coopération islamique (OCI). «  Le Sénégal est investi d’une mission de solidarité envers un des plus importants partenaires traditionnels du Sénégal mais aussi envers le monde musulman », c’est ainsi que Monkeur Ndiaye justifie le rapport entre son pays et l’Arabie Saoudite. Mais c’est connu aussi que le Sénégal est membre de la CEDEAO, et que non loin de lui, le Nigéria fait chaque jour l’objet d’attaque terrorisme mais en aucun moment Macky Sall, même symboliquement n’a pas condamné cette barbarie. On comprendra aisément que la notion du bon voisinage a échappé à Macky et que la solidarité dont il prône est conditionnée : « pétrole contre soldats ». De toutes les façons le Nigeria n’a rien à lui offrir en contre partie : « les pays n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ».

Mais que peut bien attendre le Sénégal de l’Arabie Saoudite ? visiblement, pas grand-chose. Il ne peut rien attendre au retour quand on sait que le pétrole Saoudien a toujours été dispatché entre l’Europe et les États-Unis, jamais l’Afrique. Pire, ce pays dans la plupart des cas a été peu réceptif aux drames qui jouent en Afrique : famine, guerre, maladies, etc. Néanmoins par cet apport, le Sénégal peut continuer tranquillement à recevoir le reste des moutons frigorifiés après le Tabaski en guise d’aumône. Bon appétit !

Masbé NDENGAR

« Il faut aller vers la recherche de la paix et de la stabilité et je pense que nous allons y aller. (…) Le putsch, c’est du temps perdu, je le reconnais, des moyens perdus, je le reconnais, c’est des vies humaines de perdues, je le reconnais. »

Général Gilbert Dienderé en septembre 2015 après l’échec de son coup d’Etat

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