Côte d’ivoire : les mutins de la 3e république

PAYS : Côte d’Ivoire
DATE DE PUBLICATION : lundi 9 janvier 2017
CATEGORIE : Blog
THEME : Opinions

Oyé ! Oyé ! La troisième République est née. Vive la paix et l’émergence. Avons-nous trop vite tourné la page ? Tout porte à le croire. Marche de l’opposition, fronde sociale, mutinerie des militaires sont les maux qui tentent de ronger la troisième République …

Vive la troisième République

La 2e République a été l’une des périodes les plus troubles de l’histoire de notre jeune nation, la Côte d’Ivoire. Initié par le Général Guei Robert, le referendum de 2000 a vu naître une nouvelle constitution qui a été plébiscitée par le peuple à 86,53%.

Malgré l’adoption de la nouvelle constitution, certains hommes politiques ivoiriens se sont senti exclu. Ce fut le début d’une longue crise politique qui aboutira plus tard à une rébellion dans le nord du pays. Cette crise connaîtra son apogée le 11 avril 2011 avec l’arrestation du président Laurent Gbagbo (26 octobre 2000–11 avril 2011).

Alassane Ouattara prend le pouvoir et s’exerce à faire oublier les 10 ans de crise profonde. Son premier objectif est de repositionner la Côte d’Ivoire à l’international. Cela fait, il dote la Côte d’Ivoire d’une nouvelle constitution le 30 octobre 2016. C’est un nouveau tournant pour le pays. En effet, la nouvelle constitution prévoit la création d’un sénat, d’un poste de vice-président. Après l’adoption de cette constitution, on peut le dire, la Côte d’Ivoire aborde une nouvelle page de son histoire.

Quand les vieux démons de la 2e République refusent de mourir

Nous voilà dans la 3e République. La Côte d’Ivoire a, en apparence, fini avec tous ces vieux démons. Du moins, c’est ce qu’elle laisse croire. On ne parle plus d’ex-combattants, de désarmement et autres. Ce lexique lié à la récente crise a disparu des écrits de la presse. Les nouveaux mots et expressions étaient constitution, nouvel ordre politique, émergence, vice-présidence, fronde sociale et ce jusqu’au 5 janvier dernier.

Grande fut la surprise des ivoiriens d’apprendre qu’une mutinerie vient d’éclater à Bouaké dans l’ex fief des rebelles. Très vite, la nouvelle se répand dans le pays avec l’aide des réseaux sociaux et sms. On apprend que d’autres villes de la Côte d’Ivoire sont touchés par la mutinerie : Korhogo, Daoukr, Daloa et Odiénné. Les auteurs de cette mutinerie sont des ex-combattants qui réclament une prime dite « Prime ECOMOG » qui consistait à donner comme compensation 7 millions de FCFA et une villa à chaque combattant.
(Mutinerie à Bouaké : le gouvernement demande aux soldats de retourner dans les casernes)

Pourtant le DDR, le plan de Désarmement Démobilisation et Réinsertion, avait connu un succès avec la quasi-totalité des ex-combattants qui ont été récompensés (Fin du DDR/Côte d’Ivoire : Fidèle Sarassoro dresse un bilan positif).

Pourquoi après ce bilan positif, des ex-combattants peuvent-ils se permettre de mettre en danger la paix que nous avons durement réussit à construire ? Il a donc fallu une seule journée pour fragiliser le processus de paix. Cette situation, on le rappel, survient à la veille d’un conseil des ministres qui devrait voir la nomination d’un vice-président.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Article initialement publié sur le blog de JEAN-PAUL SORO

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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