Côte d’Ivoire : Former les mutins, vous éviterez des mutineries !

PAYS : Côte d’Ivoire
DATE DE PUBLICATION : mercredi 1er février 2017
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Politique
AUTEUR : Abdoulaye Koné

Dans la nuit du 5 au 6 janvier à Bouaké en Côte d’Ivoire, une mutinerie des militaires éclate. La grogne gagne plusieurs autres villes à l’intérieur du pays. Le mobile de ces bruits de bottes se résume en l’amélioration des conditions de vie et le payement des primes même si certains analystes relèvent la faillite du commandement des responsables militaires.

Pour un pays qui amorce la réconciliation et qui entame sa relance économique après plus d’une décennie de guerre fratricide, cette mutinerie a un goût très amer.

Pour éviter de telles dérives, certains analystes, dont Arthur Banca, enseignant chercheur à l’université Félix Houphouet Boigny d’Abidjan, préconisent la formation des mutins qui sont pour la plupart issus de l’ex-rébellion.

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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