Condamnation de Ahmed Abba à 10 ans de prison ferme : honte à la justice camerounaise !

PAYS : Autres Pays
DATE DE PUBLICATION : mercredi 26 avril 2017
CATEGORIE : Blog
THEME : Justice

Le correspondant de Radio France internationale(RFI) en langue haoussa, Ahmed Abba, a été arrêté à Maroua au Nord du Cameroun, le 30 juillet 2015. Il a été accusé de complicité d’actes de terrorisme. Après un procès marathon qui a duré plus de 18 mois, Ahmed Abba a été condamné le 24 avril 2017 à dix ans d’emprisonnement ferme. En plus de cette lourde peine, il doit payer une amende de 55 millions de fcfa, auquel cas il verra sa peine s’alourdir. Cette condamnation sonne comme un véritable coup de tonnerre dans le monde des gratte-papiers. C’est à se demander si les autorités camerounaises ne se sont pas trompées de cibles ? Condamné un innocent est un acte gravissime puis qu’aucune preuve irréfutable n’a été présentée. Une fois de plus encore, la justice camerounaise s’illustre de la plus mauvaise des manières possible en portant un coup dur à la liberté d’expression et de la presse. Quelle honte !

Le verdict est tombé comme un coup de massue le 24 avril 2017. Ahmed Abba est condamné à dix ans d’emprisonnement ferme avec une amende de 55 millions de fcfa. En effet, le correspondant de RFI en langue haoussa au Cameroun a été accusé de non-dénonciation d’actes de terrorisme. Il a été mis aux arrêts depuis le 30 juillet 2015. C’est plus de 18 mois après qu’intervient sa lourde condamnation.

L’issue de ce procès indigne autant les défenseurs des droits humains que les défenseurs de la liberté d’expression de la presse. Il ressort qu’il n’existe pas de preuve irréfutable pouvant condamner le journaliste. L’accusation s’est basée sur un supposé téléphone qui aurait appartenu à un terroriste ou une de ses victimes et dont les données numériques seraient sauvegardées dans un cybercafé détenu par Ahmed Abba. On voit là une volonté manifeste de nuire. Mais pourquoi s’en prendre vertement à celui qui n’a que son micro pour accomplir sa tâche ? visiblement les autorités camerounaises se trompent de véritables cibles. Pendant qu’elles engagent une lutte acharnée contre la liberté d’expression et de la presse, les vrais collabos courent en toutes libertés dans les rues de Yaoundé, de Douala, de Gamdéré, de Maroua, etc.

Si condamner Ahmed Abba doit être vu comme un acte dissuasif alors c’est rater parce que cela n’a pas empêché les terroristes, en occurrence Boko Haram de continuer à sévir sévèrement ni aux petits esprits de leur apporter leur soutien. Le Cameroun doit lutter véritable contre les terroristes au lieu d’user des subterfuges pour éviter cet objectif premier. Cette peine infligée au correspondant de RFI est non seulement un mauvais signal fort envoyé aux journalistes camerounais mais une volonté de Yaoundé de museler la presse. Cela corrobore bien la longue coupure d’Internet dans la partie anglophone du pays. Cela est honteux pour un pays qui se dit démocrate ! Les ennemis du Cameroun sont ailleurs. Il ne faut donc pas se tromper de cibles.

Masbé NDENGAR

« Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ».

Article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH)

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