Colonel Major Bernard Sanou : « Justice sera rendue à Thomas Sankara au premier trimestre de 2018 »

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : lundi 2 octobre 2017
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Politique
AUTEUR : Masbé Ndengar

Lancé à Ouagadougou le 2 octobre 2016, le mémorial Thomas Sankara se concrétise petit à petit. Le comité d’organisation est à pied d’œuvre pour collecter les fonds nécessaires pour sa réalisation. Pour le staff, il n’y a pas meilleur endroit pour ériger le mémorial qu’au Conseil de l’entente, où le capitaine Thomas Sankara et ses 12 compagnons ont été assassinés ce soir du 15 octobre 1987. La mobilisation pour la réalisation du mémorial est générale. Elle est interne comme extérieure.

Le colonel Sanou est un ami de longue date de Thomas Sankara. Ils ont partagé leur enfance puis les bancs d’école au prytanée militaire, avant d’être collaborateurs sous la révolution. Il estime que Sankara a été incompris par ceux qui l’ont assassiné et le mémorial viendra le réhabiliter. Il promet que la justice sera rendue à Thomas Sankara au plus tard au premier trimestre de 2018 mais qu’il ne pardonnera pas à Blaise Compaoré d’avoir sali la mémoire de Thomas Sankara.

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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