Cameroun : le syndicaliste Jean-Marc Bikoko et sa famille échappent à la mort dans un incendie criminel

PAYS : Autres Pays
DATE DE PUBLICATION : mardi 28 juin 2016
CATEGORIE : Articles
THEME : Politique
AUTEUR : Redaction

Jean-Marc Bikoko, syndicaliste Camerounais est connu de bon nombre d’africains, non seulement par son engagement militant mais pour les dangers qu’il encourt tout le temps. Arrestation, bastonnade, emprisonnement, confiscation de salaire, menace de licenciement de son métier d’enseignant, voiture brûlée, bureau cambriolé … l’homme qui lutte farouchement contre le système Biya depuis plusieurs décennies a pratiquement tout vu. Lors de l’interview qu’il nous accordées, de passage à Ouagadougou le 29 janvier 2016, il était revenu longuement sur la souffrance qu’il endure avec le régime Biya. A la date du 26 juin 2016, à 1h30 du matin, son domicile a été incendié et ce, pendant que lui et toute sa famille dormaient. On se rappelle également que le 15 septembre 2015, les forces de l’ordre ont fait irruption en pleine conférence de presse et l’ont arrêté avec ses compagnons de lutte puis incarcérés. Qui veut attenter à la vie du militant et pour quelle raison ? Pour ce énième drame, la Dynamique Citoyenne manifeste sa frustration et prend l’opinion nationale et internationale en témoin. Voici l’intégralité de leur communiqué de presse parvenu à notre rédaction.

INCENDIE CRIMINELLE AU DOMICILE DU POINT FOCAL NATIONAL ET SYNDICALISTE, JEAN MARC BIKOKO

Le drame s’est produit aux premières heures du dimanche 26 Juin 2016, aux environs de 1h 30. Réveillé par un besoin physiologique, Monsieur BIKOKO se lève pour se mettre à l’aise. C’est alors que son attention est attirée à travers la fenêtre par une lumière vive inhabituelle. Il se dirige sans tarder vers une des entrées de la maison et se trouve face à des flammes d’une rare intensité, sur le flanc droit, en contrebas de la concession. Inspiré par un réflexe militant, il réveille toute la maisonnée et, quelques minutes plus tard, ils sont rejoints par son frère cadet de la maison voisine, l’épouse de ce dernier et ses enfants, ainsi que par deux passants, un homme et une femme qui revenaient sûrement de ballade.

Munie de sceaux et de bassines, et chacun allant de son inspiration, la troupe engage la lutte contre l’incendie meurtrière avec de l’eau et du sable. Le feu qui avait déjà consumé l’armoire et deux valises qui s’y trouvaient et qui commençait à s’attaquer à la toiture après avoir brûlé le plafond, a heureusement été maîtrisé, après une demi-heure de manœuvres. C’est à ce moment précis que les sapeurs-pompiers arrivent sur les lieux. L’incendie ayant été maîtrisé, les éléments présents ont juste effectué un contrôle de routine pour s’assurer que la maison était hors de danger. Ils ont ainsi demandé au maître des lieux d’éteindre le compteur électrique pour se prémunir d’un éventuel court-circuit, les flammes ayant sérieusement endommagé les fils électriques qui se trouvaient à cet endroit.

C’est le lieu de rappeler que Monsieur BIKOKO déjà victime d’une révocation arbitraire de la Fonction Publique et d’une suspension de salaire de trois ans (1996-1999), ainsi que de multiples interpellations et incarcérations pour des raisons syndicales ne vit pas ses premiers moments de persécution.

Il y a quelques années en effet, dans le parking du siège du projet de Suivi Indépendant du C2D situé au lieudit Emombo Auberge et précisément dans la nuit du 9 au 10 Décembre 2012, suite au rallye motorisé organisé par le réseau Dynamique Citoyenne dans le cadre de la célébration de la Journée Internationale de Lutte contre la Corruption pour exiger l’application de l’article 66 de la Constitution du Cameroun relatif à la déclaration des biens, deux individus descendus d’un moto taxi et sûrement en mission, ont tenté d’incendier le véhicule de service de marque Toyota Surf Hilux de Monsieur BIKOKO Jean Marc. Ces derniers ont juste eu le temps d’asperger de l’essence sur tous les sièges, après avoir réussi à ouvrir les portières du véhicule en brisant la vitre du siège arrière. Surpris par le gardien de nuit, ils ont pris la fuite en laissant sur les lieux le bidon qui contenait le carburant, les allumettes, ainsi que d’autres outils prévus pour la sale besogne.

Un an plus tard, le 15 Décembre 2013 et toujours au siège du projet de Suivi Indépendant du C2D, un autre individu avait été appréhendé par les populations dudit quartier. Celui-ci avait en effet été surpris par Monsieur BIKOKO venu travailler ce dimanche, forçant la porte du siège et muni d’un arrache-clou ainsi que d’un sac en bandoulière, pour dérober des documents qui devaient servir à l’audit du projet programmé au début de l’année 2014.

Depuis la libération des membres de Dynamique Citoyenne le 24 Septembre 2016 suite à leur interpellation le 15 septembre 2015 et leur incarcération pendant neuf (09) jours pour avoir initier un débat sur la gouvernance électorale et l’alternance démocratique au Cameroun, la sécurité des bureaux du réseau et des membres du Secrétariat Exécutif National, celle de Monsieur BIKOKO, de son épouse, de ses enfants et petits-enfants, ainsi que celle de son domicile est sérieusement menacée.
Dynamique Citoyenne dénonce cet autre acte criminel ainsi que toutes les persécutions et manœuvres d’intimidation à l’encontre de ses membres. Il invite les uns et les autres à plus de vigilance tout en les exhortant à poursuivre leurs actions de contrôle citoyen et d’animation du réseau.

Fait à Yaoundé, le 27 Juin 2016

Pour Dynamique Citoyenne
Le Secrétaire Exécutif National

NJIKAM Emmanuel

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

img