Burkina : œuvrer à l’intégration socio-économique des réfugiés

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : jeudi 21 juin 2018
CATEGORIE : Articles
THEME : Société

La Journée mondiale des Réfugiés a été célébrée ce 20 juin au Burkina Faso, à l’instar de plusieurs pays du monde. L’UNHCR qui a initié cette commémoration, avait à ses côtés la Banque Mondiale, le gouvernement burkinabè et d’autres organismes étatiques et non gouvernementaux.

Il est 10 H00 lorsque officiels, réfugiés, journalistes, devisent par petits groupes dans la salle, en attendant l’ouverture de la cérémonie. Les réfugiés sont à l’honneur et leur présence est remarquable.

Dans la salle, une douce musique traditionnelle aux sonorités touareg, orchestrée par le groupe « Spirit », emporte l’assemblée au nord du Mali, d’où les réfugiés ont été contraints de fuir les violences pour rejoindre le Burkina Faso voisin.

A droite de la salle, un écran diffuse des films présentant le quotidien des réfugiés. Trente minutes après l’ouverture officielle de la cérémonie, un sketch de l’Association des Scouts met à nu la difficile vie des réfugiés. Dans un spectacle émouvant, on relate les problèmes de logement, de nourriture, d’emplois mais surtout la discrimination auxquels ils sont confrontés tous les jours.

Ensuite vient l’heure des allocutions. Là, nous écoutons le représentant des réfugiés, AG Mohamed Muphtah qui, dans son discours, remercie le gouvernement et les Nations-Unis. Toutefois il plaide pour l’amélioration de leurs conditions physiques et sécuritaires. Ils espèrent pouvoir retourner dans leur pays pour reprendre leurs vies d’avant. Selon lui, des promesses ont été faites dans ce sens mais sans succès.

Au Burkina Faso, 60% des réfugiés sont des jeunes. Le président de l’Association des Réfugiés résidant au Burkina, Nicodème NIYONKURU, plaide pour la prise en compte de cette frange exposée au chômage, en plus de difficultés liées au logement et à l’assistance alimentaire.

« On remarque que les réfugiés souffrent principalement du chômage chronique en dépit de leur métiers et compétences professionnelles. Cela est dû à la stigmatisation et à la discrimination du réfugié en milieu social. En fait, la saturation du marché de l’emploi burkinabè et les solidarités sur les bases ethniques et régionales ne permettent pas à des personnes étrangères de trouver leur expression sociale ».
La représentante résidente de l’UNHCR Ioni Kimyaci invite les burkinabè à s’engager pour accueillir les enfants réfugiés dans les écoles, les quartiers, en vue de leur intégration dans le tissu social.

Le gouvernement, pour sa part, incite les burkinabè à développer une sympathie envers les réfugiés. Pour cela, les autorités burkinabè prévoient intensifier la sensibilisation sur la stigmatisation de ces personnes.

La prestation du slameur Don Sharp Debatoro émeut la salle. Il déclame un poème relevant les dures réalités auxquelles les réfugiés sont confrontés.
Après le cérémonial, place à une exposition-vente des œuvres d’art confectionnées par les réfugiés. On y voit sur des étals des bijoux, des sacs en cuir entre autres, qui suscitent l’admiration et la curiosité des convives.

Dans des échanges teintés de sympathie entre réfugiés et convives, la fête se poursuit en cette matinée du 20 juin.

Alima DIALLO

« Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres ».

Nelson Mandela, in Un long chemin vers la liberté.

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