Burkina : Il faut sévir contre ces élèves récalcitrants !

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : jeudi 21 avril 2016
CATEGORIE : Blog
THEME : Education
AUTEUR : Redaction

Des manifs et encore des manifs ces derniers temps ! La présence des élèves dans les rues pour exprimer leur ras-le-bol est d’une récurrence presque jamais égalée sur le territoire national. De la ville à la campagne, les manifestations riment à la même cadence. Le nouveau vent de la démocratie qui souffle sur le pays avec le départ de Blaise Compaoré semble être une porte ouverte à l’anarchie. Des élèves qui bloquent la route, détruisent les biens de leurs enseignants, prennent en otage leurs enseignants… on en a vu. La situation est ahurissante !

C’est peu de dire que l’autorité de l’Etat est bafouée. En effet, les sauts d’humeur des élèves ces derniers temps dans les écoles burkinabè est inquiétant et témoigne qu’il y a péril en la demeure. Barricade des voies de circulation, destruction et incendie des biens des enseignants, prises en otage de corps d’enseignants, menaces de morts… véritable far west !

Il y a seulement quelques jours de cela les élèves d’un lycée public ont obstrué l’avenue Charles De Gaulle. Il était impossible de se frayer un chemin. C’était malheureusement l’heure à laquelle la population fait des mains et des pieds pour arriver au service. Nous avons tenté de comprendre leur ire : « le ministre n’a pas respecté notre plateforme », a confié un élève. Nous revenons à la charge pour la seconde fois : c’est quoi votre plateforme ? « Hé, je ne sais pas », a-t-il répondu en nous invitant à circuler. Connaissent-ils vraiment leur plateforme revendicative ? Difficile d’y répondre par l’affirmatif.

Le comble et l’incompréhensible se sont produits à Nagaré, où des élèves mal éduqués et dans une indiscipline jamais égalée ont incendié les biens et domiciles de leurs éducateurs. Un élève sanctionné par le professeur a refusé d’obtempérer et a mobilisé ses camarades contre le corps enseignant. Existe-t-il une société, une seule dans ce monde où il est interdit de réprimer quand il le faut ?

S’il est arrivé que des élèves, dans une course poursuite en veulent à la vie de leurs éducateurs qui peuvent être leurs géniteurs, alors le malaise est non seulement réel mais très profond. Pour l’éradiquer, sévir sévèrement est un impératif. En plus donc de punir conformément à la loi pour servir d’exemple à d’autres qui nourriraient de tels desseins, il faut sans délai instaurer l’éducation civique dans les établissements. Et ce, non seulement au primaire mais également au lycée et même à l’université. On peut se permettre peut-être toutes les folies possibles mais sauf s’en prendre au symbole de l’Etat comme le drapeau, symbole d’identité et de fierté de tout un peuple.

Ceux qui ont déchiré le drapeau doivent payer au prix fort la sanction de leur bêtise. C’est également à jamais l’occasion où la chicote doit marquer son retour en classe. « La folie est attachée au cœur des enfants, quelques bonnes corrections les guériront… » la Bible.

Masbé NDENGAR

« La bière n’est pas une priorité. Qu’est-ce qu’on choisit, le mil pour manger ou le mil pour boire ? Je crois qu’il faut d’abord nourrir les gens. Ensuite on verra le sort de ceux qui veulent boire. Tous les burkinabè ne boivent pas de la bière, mais tous les burkinabè mangent chaque jour. Il y aura de la bière premièrement à condition que les gens aient fini de manger à leur faim, deuxièmement à condition que ce soit à partir de mil du Burkina. Est-ce qu’un régime politique sérieux peut avoir comme préoccupation principale le sort des buveurs de bière ? ».

Thomas SANKARA, le 4 octobre 1987

img