Abemtui, militaire retraité, ramasseur d’ordures : « il n’y a pas de sot métier »

PAYS : Burkina Faso
DATE DE PUBLICATION : vendredi 12 mai 2017
CATEGORIE : Vidéos
THEME : Emploi
AUTEUR : Masbé Ndengar

Abemtui est un militaire à la retraite. Avec son dernier salaire, il a acheté un âne et une charrette. Il s’est trouvé un autre métier : rendre la ville de Ouagadougou propre en ramassant les ordures. Il refuse « la vie de canapé » qui semble être adulé par bon nombre de retraités. « Après la retraite, une autre vie est possible », foi de l’ancien militaire.

Le natif du Nahouri a décidé ainsi d’apporter sa contribution au développement de son pays. Il sillonne chaque matin la capitale burkinabè pour la débarrasser des immondices et autres impuretés, causes de nombreuses maladies. Pour lui être ramasseur d’ordure n’est pas un métier dévalorisant mais bien au contraire : « il n’y a pas de sot métier », dit-il. Il est fier de son nouveau métier qui le fait vivre.

Avec les menaces terroristes et le grand banditisme, le soldat Abemtui se dit être prêt à défendre son pays jusqu’au dernier cartouche, au cas où l’armée lui fait recours.

« On dit ‘’il y a de plus en plus de films dans les villages’’, et hop tout le monde fait des films dans les villes. Certes, il y a de plus en plus de séries de télévision qui sont importantes dans la vie des gens, et si on ne les fait pas, ça veut dire que dans quelques années on va consommer beaucoup de choses étrangères à nous-mêmes, à notre propre culture, à notre propre imaginaire, ce qui créera une grande catastrophe, avec l’impossibilité de réfléchir par nous-mêmes. Nous les vieux on s’en sortira, mais nos enfants n’auront plus de repères, car c’est le cinéma et l’audiovisuel qui se mettent ensemble pour coloniser le monde ; c’est plus brutal parce que ça ne se passe plus avec des fusils, mais juste des images. Et déjà dans beaucoup de capitales, tu vois la manière dont les gens marchent, comment ils se comportent, sous l’influence des séries de télévision brésiliennes et américaines. Donc le mal est là, et il y a beaucoup d’images à faire de nous-mêmes et pour nous-mêmes. »

Idrissa Ouedraogo in « Idrissa Ouedraogo, militant cinématographique » Africulture, oct.2017.

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